Le chlamydiae, l'IST n°1 à dépister

Source : http://www.e-sante.fr/chlamydiae-ist-1-depister/actualite/662
  

Les infections à chlamydiae, les plus fréquentes des infections sexuellement transmissibles (IST), sont asymptomatiques dans un cas sur deux. Or les conséquences à long terme sont graves, sous forme de stérilités définitives. Des techniques permettent aujourd'hui de les dépister.
 

 
Etat des lieux

 
Un sujet sur deux atteint d'une infection uro-génitale à Chlamydia trachomatis est
asymptomatique, constituant ainsi un réservoir important de transmission.La fréquence des chlamydioses chez les moins de 25 ans serait comprise entre 0,8% et 5%, tandis que dans les populations identifiées à risque, elle peut atteindre 8 à 15%. Les plus touchés sont les femmes de 15-25 ans et les hommes de 15-34 ans.Depuis 1997, comme pour toutes les autres IST, une augmentation des infections à chlamydiae est observée. Les symptômes sont communs à toutes les IST. Chez les femmes, l'extension de l'infection aux voies génitales hautes se manifeste par une atteinte inflammatoire pelvienne, une endométrite ou une salpingite. Chez l'homme, l'infection peut donner lieu à une urétrite, suivie d'une épididymite.Les complications sont graves et à long terme : stérilité, grossesse extra-utérine et atteinte inflammatoire pelvienne chez la femme. En revanche, le retentissement sur la fertilité masculine reste controversé.En l'absence de complication, le traitement de première intention est l'azithromycine monodose, lequel est efficace dans 90% des cas, ou les cyclines pendant une semaine. Bien entendu, il convient également de traiter le ou la partenaire. Hélas, cette guérison dite bactériologique (disparition des agents bactériens en cause) ne permet pas d'affirmer une guérison anatomique et fonctionnelle. En effet, des lésions peuvent s'être constituées et perdurer.

 
Dépistage par biologie moléculaire

 
Cette synthèse montre la
pertinence d'un programme de dépistage. Les techniques de biologie moléculaire rendent aujourd'hui possible la détection de chlamydiae dans tous les prélèvements (sperme, urines, prélèvement vulvaire ou vaginal), en particulier ceux qui sont inadaptés à la culture cellulaire (technique de référence jusqu'à ce jour). De plus, de nouveaux procédés d'amplification génique in vitro ont permis d'améliorer la sensibilité, la spécificité et la reproductibilité des tests diagnostiques.En attendant la mise en place d'un programme, parlez-en à votre médecin afin de bénéficier dès maintenant de ces nouvelles techniques de dépistage.

  
Dr Isabelle Eustache